Remboursez !
Bonsoir chers amis internautes,
Je ne sais pas pour vous, mais moi, elle m’a bien déçu cette finale de Rolland Garros. Déjà, j’étais pour Federer, pas de bol … C’est énervant, ce type sympa, archi doué, fair play, qui règne sur le tennis depuis des lustres sans pouvoir remporter une seule fois Rolland. Il lui faudrait un petit coup de pouce, une petite lueur de lucidité, genre monter à la volée et faire systématiquement un revers shoppé plutôt qu’un bête revers normal (merci Arnaud Boetsch pour la leçon) qui finit dans la raquette de Nadal. parce que, à ce niveau-là, il n’y a qu’une victoire en finale 2009 contre Nadal himself qui pourrait faire digérer à Federer des siècles de chkoumoune sur la terre battue.
Quant à Nadal, il faudrait lui apprendre le savoir vivre. Atomiser tous ses adversaires jusqu’en finale, c’est sympa, ça vous plante le décor pour la finale, genre Appolo Creed contre le vilain russe au regard d’acier et au visage découpé au scalpel. Tremblez dans les chaumières, voici le petit suisse Roger contre le grand méchant taureau andalou, 6 victoires en trois sets, jamais plus de deux heures sur le cours, pied tendre, je vais te faire regretter de te mesurer à moi, la terre battue c’est mon domaine, et regarde-moi dans les yeux s’il te plait ! En face, le type c’est quand même une fine lame, depuis le temps qu’il rêve de l’emporter à la porte d’Auteuil, on s’imagine qu’il a bossé comme une brute, les tours précédents, il a joué à seulement 90% de ses possibilités, pour bluffer Nadal, c’est sûr, mais là pour la finale, on remet les compteurs à zéro, tu vas voir le mangeur de turon comme je vais te renvoyer garder tes taureaux…
Sauf que voilà, rien ne s’est déroulé comme prévu. Rolland Garros, pour faire vrai, c’est une chaleur étouffante, jamais moins de trente degrés à l’ombre, des corps qui ruissèlent sous le cagnard. La finale de Rolland Garros, ça n’est jamais moins de cinq sets et une remise de trophées pour le JT de vingt heures. Rolland Garros, c’est de la souffrance, des muscles et des articulations qui gémissent, des cris à chaque coup, du suspens, des breaks, des debreaks, des balles de match sauvées, des renversements de situation imprévisibles, des visages qui grimacent, des joueurs qui finissent par se demander s’il n’aurait pas mieux valu qu’ils restassent chez eux jouer avec leur console vidéo, des chutes sur la terre battue, des crampes, des yeux hagards, je ne sais pas moi, de la souffrance quoi.
Mais avec les espagnols, ça doit être culturel : le taureau, quand il rentre dans l’arène, il est encore le seul à penser qu’il va en ressortir entier. Alors Nadal, il a fait ce pour quoi il est programmé, il commence par piquer très fort Federer, un petit 6-1 au premier set pour rappeler qui est le patron. Federer, pour les banderilles, il est passablement énervé, alors il se rebiffe, mais la terre battue se fait sable, les jambes deviennent lourdes, et le matador l’emporte par 6-3. Pour la mise à mort, on ne fait pas de chichi, la bête doit mourir tout de suite, il y a de l’orgueil chez Nadal, c’est pas une oreille qu’il veut, mais la deuxième et puis aussi la queue de l’animal. Alors il ne va laisser aucun espoir à son taureau de la journée, il rejoindra ses prédécesseurs chez l’équarrisseur, avec un petit compliment qui sonne comme une épitaphe, je félicite Roger pour sa carrière exemplaire et pour tout ce qu’il a apporté au tennis, c’est vraiment un taureau exceptionnel, si le président l’avait voulu, je ne l’aurait pas achevé, si vous saviez comme c’est dur, c’est un ami…
… bon c’est pas tout, mais j’ai encore le gazon londonien à tondre …
@ +